La pensée du jour #35

« Il y a parfois, dans les vies les plus humbles, des fidélités inexpliquées et sublimes à un sentiment, à une idée.[…] Selon qu’elle s’attache à ce souvenir ou qu’elle l’abandonne, on la voit vaincre ou succomber. La vraie foi est cette muette fidélité de l’âme à elle-même. »

Edouard Shuré, Les grands initiés / Rama – Krishna – Hermès – Moïse – Orphée – Pythagore – Platon – Jésus, ed. Perrin, oct 2009, p. 343

La pensée du jour #31

« L’homme fuit devant la vérité. Or connaître le vrai, c’est là la vocation de l’homme. Ainsi, l’homme recule devant sa vocation propre. Il se réfugie dans le manque de foi, de confiance […]. Il s’établit dans le désespoir de connaître ; mais c’est pour éviter de rencontrer le divin, se dérober à la connaissance qu’en tant qu’homme il peut en avoir […]. Il ne pourrait connaître que s’il croyait en la […] capacité de l’homme d’atteindre [la vérité] ; mais, inversement, s’il n’y croit pas, c’est par peur de l’atteindre ou pour ne pas l’atteindre. Serait-ce qu’il la connaît déjà au fond de lui-même ? […]

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Lecture

Lire un ouvrage philosophique ou spirituel digne de ce nom, ne peut se faire comme lire un bon roman.

Un tel ouvrage se lit un crayon à la main, et de quoi noter ses réflexions à portée de soi. Il se lit lentement, avec attention et concentration. Il se lit idée par idée, phrase par phrase, mot par mot, et chaque parcelle qui le compose doit passer par notre pensée. Chacune se lit et se relit, se lie et se relie, s’éclairant l’une l’autre et éclairée par nos réflexions, nos autres lectures et compréhensions. Chaque information ainsi récoltée se médite, s’expérimente, se frotte à la logique d’autres thèses et de nos propres vérités.

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La pensée du jour #9

« Siger de Brabant affirme : « [en philosophant] nous questionnons davantage […] l’opinion du Philosophe que la vérité, dans la mesure où nous procédons philosophiquement ». »

Manfred Krüger, La naissance du moi, p.177, éd. Triades, 2007.


La philosophie est-elle davantage l’étude de l’opinion de philosophes que la recherche de la vérité ? Ou comme le pensait Thomas d’Aquin « [elle] ne consiste pas à connaître ce que d’autres ont pensé, mais à connaître comment la vérité des choses se présente » (ibid. p.176)?

Et vous, comment définiriez-vous la philosophie et la démarche du philosophe?

La pensée du jour #5

« Dès que la perception commence à estimer une expérience bonne ou mauvaise, notre vision du monde est déformée par nos vieilles réactions aveugles. Pour libérer l’esprit de tout conditionnement, il faut apprendre à cesser d’évaluer sur le critère de réactions passées et à être conscient, sans évaluer ni réagir. »

William Hart, L’art de vivre – Méditation Vipassana enseignée par S.N Goenka, p.170, éd. Editions du Seuil, Coll. Points/Sagesses, sept. 1997.

Le Monde de Sophie – Jostein Gaarder

Le Monde de Sophie - Jostein GaarderUn des nombreux livres empruntés à la bibliothèque et n’étant donc plus en ma possession

J’ai lu cet ouvrage alors que je devais avoir 12 ans, et ce fut une révélation. Cela fait maintenant très longtemps, et il faudrait peut-être que je le relise pour m’en refaire une idée plus précise.

Mais mon souvenir de jeune adolescente est, je pense, le meilleur que je puisse donner compte tenu du public visé par ce livre. En effet, l’héroïne a 14 ans et le livre s’adresse au jeune public néophyte qui ne connaît rien à la philosophie.

Il emmène le jeune lecteur dans une enquête étrange, peuplée des grands noms de la philosophie, tels Thalès, Parménide, Socrate, Platon, Aristote, Descartes, Spinoza, Hegel, Sartre et bien d’autres encore. Car c’est avant tout l’histoire de Sophie, jeune adolescente, qui reçoit une lettre mystérieuse avec la simple question « Qui es-tu ? » « Rien d’autre. Le bout de papier ne disait ni bonjour ni de la part de qui, juste ces trois mots griffonnés suivis d’un grand point d’interrogation. ». S’en suit pour la jeune fille la découverte de la philosophie, de ses grandes lignes, et surtout, la découverte de sa capacité à réfléchir à des questions autrement plus existentielles que ce à quoi elle était habituée ; doublé d’une enquête sur l’identité du mystérieux professeur de philosophie et d’une certaine Hilde.

Cet ouvrage ne donne pas vraiment de réponses, mais donne envie de se poser des questions, d’aller voir et découvrir plus profondément les pensées de ces philosophes et de développer sa propre pensée. A l’époque de l’adolescence où nous perdons nos repères en nous ouvrant au monde « adulte », la lecture de ce livre m’a appris que l’on pouvait réfléchir sur des questions aussi vastes que « Qui suis-je ? », « D’où viens-je ? », « Où vais-je ? » et surtout « Pourquoi ??? », sans être « anormale » et sans avoir besoin de se raccrocher aux réponses toutes faites qui nous sont données. Il m’a démontré l’importance des idées et de la réflexion, l’importance aussi de s’enrichir de chaque point de vue, même s’il est à l’opposé du nôtre, pour essayer d’avoir la vision la plus globale possible.