La Vie Spirituelle – Pierre Lassalle

La Vie Spirituelle - Pierre LassalleD’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours cherché à comprendre ce qui m’arrivait et pourquoi. Je crois que d’une certaine façon je n’ai jamais cru au hasard et ai toujours pensé qu’il y avait une « sagesse » derrière tout cela… Même si je ne la comprenais pas !

C’est ce qui m’a poussé vers toutes ces lectures, de la Bible au Coran, en passant par les livres sur le bouddhisme, les philosophies, les mythes et les légendes d’un certain nombre de cultures. C’est aussi ce qui m’a poussé vers la lecture de ce livre.

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La pensée du jour #46

Je lis en ce moment la biographie Simone Weil, le Courage de l’impossible de Christiane Rancé. Quelle femme !!!
Je vous en ferais sûrement une « critique » lorsque je l’aurais terminé, mais auparavant je voulais vous en offrir une citation, pour bien commencer cette année 2015, pour laquelle je vous souhaite le meilleur !

« Il importe d’être prêt à aimer le bien partout où il se manifeste, inconditionnellement et sans restriction »
Christiane Rancé, Simone Weil, le Courage de l’impossible, p. 155, éd. du Seuil 2009

Lecture

Lire un ouvrage philosophique ou spirituel digne de ce nom, ne peut se faire comme lire un bon roman.

Un tel ouvrage se lit un crayon à la main, et de quoi noter ses réflexions à portée de soi. Il se lit lentement, avec attention et concentration. Il se lit idée par idée, phrase par phrase, mot par mot, et chaque parcelle qui le compose doit passer par notre pensée. Chacune se lit et se relit, se lie et se relie, s’éclairant l’une l’autre et éclairée par nos réflexions, nos autres lectures et compréhensions. Chaque information ainsi récoltée se médite, s’expérimente, se frotte à la logique d’autres thèses et de nos propres vérités.

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Le Monde de Sophie – Jostein Gaarder

Le Monde de Sophie - Jostein GaarderUn des nombreux livres empruntés à la bibliothèque et n’étant donc plus en ma possession

J’ai lu cet ouvrage alors que je devais avoir 12 ans, et ce fut une révélation. Cela fait maintenant très longtemps, et il faudrait peut-être que je le relise pour m’en refaire une idée plus précise.

Mais mon souvenir de jeune adolescente est, je pense, le meilleur que je puisse donner compte tenu du public visé par ce livre. En effet, l’héroïne a 14 ans et le livre s’adresse au jeune public néophyte qui ne connaît rien à la philosophie.

Il emmène le jeune lecteur dans une enquête étrange, peuplée des grands noms de la philosophie, tels Thalès, Parménide, Socrate, Platon, Aristote, Descartes, Spinoza, Hegel, Sartre et bien d’autres encore. Car c’est avant tout l’histoire de Sophie, jeune adolescente, qui reçoit une lettre mystérieuse avec la simple question « Qui es-tu ? » « Rien d’autre. Le bout de papier ne disait ni bonjour ni de la part de qui, juste ces trois mots griffonnés suivis d’un grand point d’interrogation. ». S’en suit pour la jeune fille la découverte de la philosophie, de ses grandes lignes, et surtout, la découverte de sa capacité à réfléchir à des questions autrement plus existentielles que ce à quoi elle était habituée ; doublé d’une enquête sur l’identité du mystérieux professeur de philosophie et d’une certaine Hilde.

Cet ouvrage ne donne pas vraiment de réponses, mais donne envie de se poser des questions, d’aller voir et découvrir plus profondément les pensées de ces philosophes et de développer sa propre pensée. A l’époque de l’adolescence où nous perdons nos repères en nous ouvrant au monde « adulte », la lecture de ce livre m’a appris que l’on pouvait réfléchir sur des questions aussi vastes que « Qui suis-je ? », « D’où viens-je ? », « Où vais-je ? » et surtout « Pourquoi ??? », sans être « anormale » et sans avoir besoin de se raccrocher aux réponses toutes faites qui nous sont données. Il m’a démontré l’importance des idées et de la réflexion, l’importance aussi de s’enrichir de chaque point de vue, même s’il est à l’opposé du nôtre, pour essayer d’avoir la vision la plus globale possible.

Les Fleurs du Mal – Charles Baudelaire

Les Fleurs du Mal - Charles Baudelaire Editions de 1968 (2e tirage) - Le Livre de PocheAh, les Fleurs du Mal ! Qui n’a jamais lu ce recueil ? Il fut longtemps mon livre de chevet, et cela se voit sur la photo!!

Personnellement, je l’ai découvert à l’âge de 14 ans, grâce à mon professeur de français qui nous avait fait étudier un des très beaux poèmes de ce recueil. Rien de « trop » mélancolique ni aucune invitation aux paradis artificiels dans ce texte, juste une ode emplie de regrets à une « servante au grand cœur » (Poème sans titre, C-Tableaux parisiens). Lorsque j’ai demandé des informations sur ce recueil à mon professeur, il m’a bien dit de ne pas le lire, nous étions trop jeune… Comment piquer la curiosité d’un jeune adorant lire si ce n’est en lui disant cela ? 😉 Et je suis sûre qu’il en était bien conscient… J’aimais bien ce prof !
Bref, je l’ai lu, et relu, et re-relu… Puis j’ai dû l’étudier pour le bac, et suis même tombée dessus à l’oral.

Certains de ces poèmes frisent le sublime. On y sent le combat d’un être contre ses désirs qui l’emprisonnent, et sa chute perpétuelle dans la volupté de ces paradis artificiels qui l’enfoncent encore plus dans son mal-être. C’est en dents de scie : à chaque fois qu’il aperçoit la lumière, qu’il perçoit le bout du tunnel, il trébuche et s’écroule à nouveau, oubliant presque immédiatement la grâce qui l’avait touchée.

Certains voient ce recueil comme une ode à la drogue, au laisser-aller, au mal-être adolescent et à celui de l’artiste incompris. Baudelaire le décrit lui-même comme « un livre destiné à représenter l’agitation de l’esprit dans le mal », dans une lettre à son avocat (visible à la fin de l’édition de 1968 « Les Fleurs du Mal, présenté par Jean-Paul Sartre, texte établi et annoté par Claude Pichois », Le livre de Poche).
Moi, je le vois comme le témoignage (vécu ou non ?) d’un homme qui a choisi de succomber et de ne pas s’en sortir. Dans ce recueil, le narrateur démontre de très grandes capacités d’analyse de lui-même, mais ne sait pas les exploiter. Car jamais dans ses pérégrinations intellectuelles, à regarder et décortiquer ses désirs et sentiments, il n’invite sa volonté à les maîtriser. Il regarde mais ne voit pas. Il assiste, spectateur, à leur montée, à leur développement, et reste en dehors de lui-même. Il veut se découvrir comme on découvre quelqu’un d’autre, de manière objective, oubliant que la connaissance de soi est avant tout subjective. Dans cette quête d’identité, il occulte l’essentiel : son être propre, sa conscience. Il ne se penche que sur ses désirs et sur son mal-être. Même lorsqu’il est ébloui par la beauté, celle-ci est immédiatement dénaturée par l’appel de ses désirs et la volupté malsaine qu’il semble éprouver à chuter. Même son « idéal » est empreint de « spleen ».

Pour résumer, le poète se met à l’épreuve et se regarde échouer, nous confiant ses états d’âmes, décrivant magnifiquement la beauté qu’il voit en ces fleurs du mal qui l’appellent, l’étreignent et le saignent. Ne cherchez pas ici quelque lumière, ce n’était pas le but de l’auteur. Ce sont les ressentis d’un homme amer regardant son être s’enliser dans la douleur.