La pensée du jour #22

« Comme quelqu’un qui se rend en Anatolie. Il va vers Césarée et il espère qu’il arrivera en Anatolie, il ne renonce pas à son effort bien qu’il lui soit impossible de rejoindre l’Anatolie par ce chemin. Celui qui se dirige vers l’Anatolie, même s’il boîte et est affaibli, arrivera, car il est sur la bonne route. »

Djalâl-ud-Dîn Rûmi, Le Livre du Dedans, éd. Babel, nov. 2010, p.153

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La pensée du jour #17

« Un prince avisé subjugue sans combat, vainc sans donner ses troupes, investit les places sans mettre en action machines de guerre et béliers. […] Non, la méthode consistant à vaincre par la force des armes ne saurait en aucun cas être un modèle. Car quelque nombreuses que puissent être les armées, se composassent-elles de centaines de milliers, voire de millions d’hommes, elles sont anéanties par un monarque sage dans le palais des délibérations, avant même l’engagement.[…]
Et pourquoi donc une telle supériorité ? Parce que le repos et l’ordre, principe de toute domination [ndlb : à prendre dans le sens de maîtrise dans le cadre de mon analyse], sont chez moi, tandis que la fatigue et le désordre, source d’asservissement et de décadence, sont chez l’autre. »

Sun Tzu, L’art de la guerre – traduit du chinois et commenté par Jean Lévi, éd. Librairie Arthème Fayard, coll. Pluriel, juin 2011, p. 134-135

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Lecture

Lire un ouvrage philosophique ou spirituel digne de ce nom, ne peut se faire comme lire un bon roman.

Un tel ouvrage se lit un crayon à la main, et de quoi noter ses réflexions à portée de soi. Il se lit lentement, avec attention et concentration. Il se lit idée par idée, phrase par phrase, mot par mot, et chaque parcelle qui le compose doit passer par notre pensée. Chacune se lit et se relit, se lie et se relie, s’éclairant l’une l’autre et éclairée par nos réflexions, nos autres lectures et compréhensions. Chaque information ainsi récoltée se médite, s’expérimente, se frotte à la logique d’autres thèses et de nos propres vérités.

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La pensée du jour #10

« Donnez-moi la foi sauvage du sorcier
Donnez à mes mains puissance de modeler
Donnez à mon âme la trempe de l’épée
Je ne me dérobe point. Faîtes de ma tête une tête de proue
[…]
Mais les faisant, mon cœur, préservez-moi de toute haine,
Ne faîtes point de moi cet homme de haine pour qui je n’ai que haine »

Aimé Césaire, « Cahier d’un retour au pays natal », éd. Présence Africaine, coll. poésie, p. 49-50, tirage juillet 1994 (texte écrit en 1939)

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La pensée du jour #7

« Un grand nombre d’anomalies [stress, maladies…] qui apparaissent aujourd’hui chez les Occidentaux viennent […] de ce qu’ils ont rompus l’équilibre, c’est à dire qu’au lieu de placer […] le centre de la vie au centre justement, ils le placent dans le cerveau qui est la périphérie de l’être humain. Alors trop de réflexion, trop de soucis, trop d’activité cérébrale, et l’homme est déséquilibré. […] S’ils savaient se concentrer sur le centre Hara [situé environ 4cm sous le nombril, est le centre de la vie, de l’équilibre pour les sages zen] et le développer, quelles que soient les dépenses d’énergie nerveuse, ils ne se sentiraient jamais épuisés. »

Omraam Mikhaël Aïvanhov, Centres et corps subtils, p.90-91, éd. Prosveta, Coll. Izvor, 1985, tirage août 2011.

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La pensée du jour #5

« Dès que la perception commence à estimer une expérience bonne ou mauvaise, notre vision du monde est déformée par nos vieilles réactions aveugles. Pour libérer l’esprit de tout conditionnement, il faut apprendre à cesser d’évaluer sur le critère de réactions passées et à être conscient, sans évaluer ni réagir. »

William Hart, L’art de vivre – Méditation Vipassana enseignée par S.N Goenka, p.170, éd. Editions du Seuil, Coll. Points/Sagesses, sept. 1997.

Le Monde de Sophie – Jostein Gaarder

Le Monde de Sophie - Jostein GaarderUn des nombreux livres empruntés à la bibliothèque et n’étant donc plus en ma possession

J’ai lu cet ouvrage alors que je devais avoir 12 ans, et ce fut une révélation. Cela fait maintenant très longtemps, et il faudrait peut-être que je le relise pour m’en refaire une idée plus précise.

Mais mon souvenir de jeune adolescente est, je pense, le meilleur que je puisse donner compte tenu du public visé par ce livre. En effet, l’héroïne a 14 ans et le livre s’adresse au jeune public néophyte qui ne connaît rien à la philosophie.

Il emmène le jeune lecteur dans une enquête étrange, peuplée des grands noms de la philosophie, tels Thalès, Parménide, Socrate, Platon, Aristote, Descartes, Spinoza, Hegel, Sartre et bien d’autres encore. Car c’est avant tout l’histoire de Sophie, jeune adolescente, qui reçoit une lettre mystérieuse avec la simple question « Qui es-tu ? » « Rien d’autre. Le bout de papier ne disait ni bonjour ni de la part de qui, juste ces trois mots griffonnés suivis d’un grand point d’interrogation. ». S’en suit pour la jeune fille la découverte de la philosophie, de ses grandes lignes, et surtout, la découverte de sa capacité à réfléchir à des questions autrement plus existentielles que ce à quoi elle était habituée ; doublé d’une enquête sur l’identité du mystérieux professeur de philosophie et d’une certaine Hilde.

Cet ouvrage ne donne pas vraiment de réponses, mais donne envie de se poser des questions, d’aller voir et découvrir plus profondément les pensées de ces philosophes et de développer sa propre pensée. A l’époque de l’adolescence où nous perdons nos repères en nous ouvrant au monde « adulte », la lecture de ce livre m’a appris que l’on pouvait réfléchir sur des questions aussi vastes que « Qui suis-je ? », « D’où viens-je ? », « Où vais-je ? » et surtout « Pourquoi ??? », sans être « anormale » et sans avoir besoin de se raccrocher aux réponses toutes faites qui nous sont données. Il m’a démontré l’importance des idées et de la réflexion, l’importance aussi de s’enrichir de chaque point de vue, même s’il est à l’opposé du nôtre, pour essayer d’avoir la vision la plus globale possible.